Sunday, 26 March 2017

Crêtes de Spa

Pour la première fois cette année, les Crêtes de Spa se déclinaient également en mode rando. Les parcours de 10 et 21 KM pouvaient se faire en marchant avec un départ libre à partir de 7H30. La météo s'annonçait clémente donc je me suis inscrite en dernière minute avec ma fille. Petite présentation: ma fille, Elizabeth, a sept ans, elle en aura 8 en juillet. C'est une petite fille sportive et qui aime marcher. L'été passé elle m'avait surprise à accomplir des randos assez sportives voire engagées avec un dénivelé assez impressionnant (900/ 1000M)... Me disant qu'à chaque ravito il y aurait moyen de plier bagage, je me suis dit, "Tentons l'aventure.... "Dernière précision, Elizabeth avait passé la semaine en classe de forêt, elle était très fatiguée, raison de mes doutes...

Le jour -j arrive et je sais que je dois partir tôt pour pouvoir commencer la marche dès que possible. Je ne sais pas à quel rythme Elizabeth va avancer. Je décide de partir de Bruxelles vers 05H30 pour pouvoir commencer à 7H30. Nous arrivons à Spa vers 7H10. Il fait froid, 1 degré à peine, le sol est tout  blanc par endroits, et les toits aussi. Le printemps spadois n'est pas chaud... Heureusement grâce à Tenua nous sommes bien protégées.

Nous nous dirigeons vers le stand des dossards dans les locaux de l'Adeps et Elizabeth en profite pour petit déjeuner. Je règle une petite erreur faite lors de l'inscription et nous nous mettons en route.


 Ready, set and go
Premiers pas, malheureusement, du à une erreur de fléchage, nous partons dans la mauvaise direction, ça nous fera 3KM de plus au final

 Prête et équipée pour l'aventure
Matin Frileux mais paysages magnifiques d'emblée, Spa et sa région méritent vraiment le déplacement

Les premiers pas se solderont par un retour à la case départ, en effet comme nous sommes parties dès 7H30, les organisateurs n'avaient pas encore fixé le panneau indiquant le départ du parcours de 21KM et les balises que nous avions suivies ne nous appartenaient donc pas. Au finale ce petit détours nous aura valu de faire 3 KM en plus.

La traversée de Spa n'est pas la partie la plus agréable. Certes le casino et les Thermes sont de beaux bâtiments mais nous sommes toutes les deux impatientes de nous retrouver dans un cadre plus forestier ou du moins plus champêtre. C'est chose faite après avoir longé l'usine d'embouteillement. 

Nous quittons Spa, direction les champs et la foret

Alors que nous quittons Spa, le chemin commence à devenir plus escarpé, les sentiers caillouteux, et une première montée bien casse pattes nous sert d'introduction à la forêt. Mais quel bonheur de marcher dans un cadre aussi magnifique et sous un soleil aussi agréable. Elizabeth grimpe bien, elle distance même un groupe d'adultes, qui nous talonnait. On s'enfonce dans la forêt et le chemin devient un tapis d'aiguilles, ce qui le rend très élastique et souple. Un bonheur pour mes articulations fragiles.

Nous sortons finalement de ce premier passage forestier pour atteindre un premier plateau. Nous avons terminé un quart du parcours, dans peu de temps nous nous arrêterons au premier ravito.


Sortie de la forêt, le chemin redevient plus plat

Une superbe matinée de printemps

Le premier ravito se met seulement en place, Elizabeth et moi en profitons pour retirer une première couche. Je dois maintenant repartir avec un sac plus lourd du manteau d'Elizabeth. Je profite de cette première pause pour recueillir les impressions de ma fille.

Après cette petite pause, nous voilà repartie à travers la forêt, il me semble entendre du bruit de moteur, le circuit? mais c'est de courte durée, après une descente assez raide, nous amorçons une remontée sur un très long faux plat. Elizabeth, toujours étonnante, gère ça avec brio, en suivant un rythme plus lent mais très régulier et en racontant des blagues et des détails sur son séjour en classe de forêt. 

Le plat de résistance arrive enfin, la remontée de la fameuse piste de ski du Thier des Rexhons, théâtre du fameux trophée des grimpeurs. Malheureusement, comme les marcheurs n'ont pas de dossard, nous ne participons pas. :-(  Avant de nous lancer dans cette portion de la rando, je fais boire Elizabeth, elle s'assied un peu sur une souche. Il faut quand même savoir qu'une partie de la côte est à 20%. Nous nous mettons en route pour 650M de pure montée. J'encourage ma fille un maximum pour qu'elle ne perde pas le rythme et elle passe fièrement la balise de sortie. Soyons honnêtes, nous nous arrêtons pour souffler après car cette côte qui n'a l'air de rien vue du dessus est quand même éprouvante.

La fameuse piste de ski: 650M à 7% de moyenne mais surtout une portion centrale à 20%

Apres cette petite pause bien méritée nous nous remettons en chemin vers le deuxième ravito. Elie commence à fatiguer. Heureusement le chemin est assez plat. Il y a plus de monde, des coureurs mais aussi des promeneurs avec des chiens. Nous avons fait plus de la moitié de la rando. Le deuxième ravitaillement est mieux achalandé que le premier: pain d'épices, oranges, Isostar... Il y a moyen de se refaire. Là, nous sommes entre deux portions de forêt et nous marchons entre des murs de rondins, C'est joli et ça sent bon le bois. 

Ensuite le chemin devient très vite gras, voire très gras: on s'enfonce un peu, il y a de grosses flaques, la cadence est plus lente. nous sommes régulièrement dépassées par des coureurs. Au détours d'un chemin, la vue change du tout au tout, nous sommes en haut d'un plateau et le chemin est qualifié de panoramique, facile à comprendre, la vue à presque 360° est époustouflante. Il y a du vent, le ciel est clair, dégagé le soleil brille, quelle sensation de liberté! 

Nous voilà au KM15 les 3/4 du parcours, une certaine lassitude vient se faire sentir, Elizabeth a faim, heureusement le 3e Ravito est juste après le tournant. Là on va vraiment faire une pause. Sandwich, oranges, et pour couronner le tout, une fraise tagada :-) moteur de motivation s'il s'en faut. Après une bonne demi-heure on va pouvoir repartir, en sachant qu'il ne nous reste que 5 petits KM.


La fin du parcours est roulante majoritairement en descente dans un cadre boisé, superbe. L'arrivée se fait au centre ADEPS de Spa, juste derrière le départ. Elizabeth et moi décidons de franchir la ligne d'arrivée en courant. Nous sommes récompensées par une magnifique médaille, Elizabeth est super fière d'être interviewée. Au total nous auront fait 24, 33 KM. Un Grand bravo à ma championne...




Les kinés nous attendent pour un petit massage, comme des pro, c'est un véritable bonheur après ce long parcours.

 Au total ce que nous retiendrons de ce parcours c'est la beauté de la région,  un parcours qui pour les coureurs devait être très roulant et une envie de revenir l'an prochain, Elizabeth pour la Chiquita Run et moi pour le trail :-)


Monday, 6 March 2017

Week end au Grand Bo

Décision de dernière minute.... Vendredi midi on embarque pour un week end Montagne. Sacs dans la voiture et sourire sur le visage, nous voilà embarqués vers les Alpes pour skier. Pour que ça roule bien nous passons par la Suisse: plus long en KM mais souvent plus fluide. La météo prévoyait un temps infect pour la route mais on est loin du compte. Arrivée tardive au Grand Bo et la neige est au rendez-vous... Après plus de 20 ans je vais rechausser des skis :-D.


Samedi matin, réveil excité, fébrile presque...mais les ardeurs vont vite se calmer, il neige, on ne voit pas grand chose et il y a du vent... Pas grave de toute façon ça va glisser.... Petit dej expédié...on va chercher le matériel de glisse et les forfaits... une bonne partie des remontes pentes sont fermés à cause du vent. Qu'à cela ne tienne, direction le seul ouvert qui nous amène près de 2000M. Il fait froid sur le TS, et vers la fin on a du mal à parler à cause du vent. J'ai bien chaud car je suis bien équipée mais le vent pique le visage. Au dessus nous nous lançons dans une bleue, sorte de remise en forme pour la suite. Je me fais emporter par le vent... c'est dire si il souffle. Tétanisée je n'arrive pas à enclencher des virages... 20 ans ça laisse des traces. Petits exercices de mise en confiance, beaucoup d'encouragements et ça tourne finalement. La première partie de la piste sera quand même fort pénible. Le point positif c'est qu'avec les conditions peu favorables, les pistes sont désertes ou presque. Arrivé en bas, les virages se font plus corrects, on essaie une piste bleue de nouveau  mais moins exposée au vent et je retrouve tout doucement des sensations correctes. On essaie ensuite de changer de versant mais là oh surprise, le TS ferme juste devant nous.

Trop de vent... Retour au chalet pour le lunch et la sieste (pas si mal comme programme après le trajet d'hier) et 16H on est reparti. Le vent s'est calmé et les pistes basses sont rouvertes. Bonheur intense, à force de répéter les mêmes bleues je m'affranchis de mes appréhensions et je risque un peu de vitesse, et finalement je tente une rouge: tout se passe bien. La fermeture tardive des pistes du Grand Bornand le samedi nous permet de nous amuser encore pendant deux bonnes heures et d'apprécier un coucher de soleil superbe sur les Aravis. Retour au chalet et repos pour préparer le lendemain.


Le dimanche fut dantesque. Pluie, neige brouillard... on ne voyait pas à 3 mètres, même avec un bon masque après 5 mètres, il fallait essuyer l'intérieur et l'extérieur pour tenter de distinguer les bords des pistes. N'empêche on y arrive quand même et on descend des pistes rouges désertées dans des conditions particulièrement désagréables. Je reprends de plus en plus confiance car si je sais faire ça dans des conditions aussi mauvaises je pourrai le faire à l'aise dans de bonnes conditions. On arrête pour une pause méritée dans un resto d'altitude au pied des pistes. On est trempé, on essaie de poser nos vestes pour que raisonnablement elles s'égouttent, idem de nos casques et de nos gants mais sans grand espoir.  En effet, après un burger revigorant, une énorme flaque s'étale en dessous mais les vêtements sont toujours aussi trempés. On décide de rentrer. On enchaînera encore quelques pistes dans la station et puis repli stratégique dans le chalet. Demain c'est de départ à mi-journée.


Lundi matin le vent s'est calmé mais la visibilité reste très limitée. L’enneigement est excellent suite aux chutes de neige de la veille et malgré une vue limitée sur le massif des Aravis on dévale avec énormément de plaisir des pistes confortablement épaisses. Vers 11H00 le ciel se déchire laissant passer quelques rayons de soleil et pour finir, l' apothéose: de larges segments de ciel bleu. Le bonheur.



 Mais il faut s'arrêter à un moment pour faire les bagages et rentrer. Ce week end un peu fou nous aura revigoré et laissera des souvenirs impérissables. Le Grand Bornand, théâtre de mes premiers pas à Ski aura été le témoin de mon retour sur deux lattes (euh plus tout à fait des lattes non plus...)

Saturday, 19 November 2016

Semaine 1 du 29 au 5 novembre - Jour 7

Le séjour touche à sa fin... la pluie arrive. Pour une dernière activité: option Via Ferrata à Fort l’Ecluse, certes un peu loin mais le paysage en vaut la peine parait-il et la via aussi.

Le départ se fait au pied d'un fort du XVIe siècle au pied duquel coule tranquillement le Rhone. Il fait plutôt couvert mais le soleil fait de brèves apparitions.

La via se termine dans le Fort Supérieur et là la vue s'étend des deux côtés, vers Genève d'un côté et sur le Rhone, le tout face au Mont Vuache, arrondi et boisé. Un beau final pour une semaine exceptionnelle.






Friday, 18 November 2016

Semaine 1 du 29 octobre au 5 novembre - Jour 6 - Les Cornettes de Bises

J'ai du me remettre de mon périple à la Haute Cîme qui avait laissé des ampoules impressionnantes sur mes talons. Donc après deux jours de régime sauna -piscine, revoilà l'envie de sommets (plus modestes en altitude certes mais spectaculaires quand même). Les Cornettes de Bises en vallée d'Abondance etaient  'next on the list'. Ca faisait déjà quelques temps que j'avais envie de crapahuter dans ce coin là. Les Cornettes sont un gros caillou bien minéral entre la France et la Suisse, renommé pour ses troupeaux de bouquetins. Allez, on chausse les chaussures et pour une fois je prends des bâtons, et let's go...

Le paysage est grandiose d'emblée, une fois que l'on quitte la route de Chatel et que l'on se dirige vers les chalets de Bise on se retrouve un peu enclavé entre des forteresses de rochers et j'aime beaucoup ça. C'est isolé et sauvage et en ce vendredi matin le soleil radieux laisse augurer de belles vues sur le Léman et sur les vallées environnantes. On dépose la voiture aux Chalets et le chemin monte directement.


 On passe assez rapidement du côté suisse, le soleil est côté français et le vallon suisse est donc assez froid et bien gelé. Entre deux rochers, on aperçoit le Léman. De l'autre côté nous remarquons des sentinelles. Nous avons été repérés par des bouquetins qui se découpent en contre-jour dans le soleil. Ils sont loin, par contre. Nous continuons pour nous retrouver dans un amoncellement de rochers. Comme nous avons contourné les Cornettes nous nous retrouvons côté français et en plein soleil. Une douce sensation.
Il faut trouver son chemin en suivant les Cairns dans un amas de pierres ce n'est pas toujours très clair et bien sur les bouquetins nous observent
Bouquetin - Cornettes de Bise


Nous tournons le dos aux bouquetin et reprenons l'ascension. Le sentier est plus clair à flan de montagne et à l'ombre. La vue est extrême. Les nuages se sont amoncelés en bas et forment une mer épaisse, ondulante et impressionnante

 

La dernière partie de la randonnée est un chemin plus ou moins tracé qui serpente à flanc de montagne parmi les blocs de calcaire avec une arène de sommets majestueux entourés de nuages cotonneux. Le résultat est une ambiance étrange, on se sent comme coupé du monde, évoluant dans un univers parallèle. C'est un sentiment exceptionnel dans un paysage indescriptible, Cervin, Mont Blanc, Dent du Midi d'un côté; lac Léman et Jura de l'autre. On se sent privilégié d'évoluer dans un tel milieu.




La descente est tout aussi spéciale dans une ambiance feutrée avec des nuages qui enrobent les sommets et se faufilent entre les montagnes.



Retours par le pas de la Bosse vers les Chalets de Bise avec la lumière orangée de la fin de journée qui frappe les Cornettes. Je me fais la promesse muette de revenir mais pour grimper. 


Saturday, 5 November 2016

Semaine 1 du 29 Octobre au 5 novembre - Jour 3 - La Haute Cîme à partir du Lac des Mines d'Or.

C'est le plat de résistance de cette semaine. Départ du Lac des Mines d'Or - 1340M d'altitude passer par le Col de Cou redescendre sur Barme, remontée au pas de Bonavau, pas d'Ancel, Cabane de Susanfe col de Susanfe, col des Paresseux et sommet de la Haute Cîme. Une rando assez intense de plus de 40 KM avec 3000M de D+ en une journée car les refuges sont fermés. C'est aussi un gros point d'interrogation sur la faisabilité de la chose, le sommet étant enneigé mais pas trop quand même. Au cas où, j'embarque des crampons (à neige) et un piolet. Le tout avec plusieurs couches de vêtement et beaucoup d'eau (difficile de remplir la gourde en chemin et je ne m'attends pas voir beaucoup de gens de la journée). Départ donc à 5H30 des Mines d'Or: il fait encore nuit. Pour le retour je sais que je dois arriver à Barme vers 17H30 au plus tard car il fera noir à 17H30 et le chemin jusqu'à Barme est plus difficile. Une fois dépassé le hameau par contre c'est un chemin que je connais pour l'avoir parcouru l'été à pied et en VTT donc le faire à la frontale ne me poserait aucun problème.

Lac des Mines d'Or -Col de Cou - Barme
A 5H30 il fait froid c'est donc avec mes 3 couches plus une veste imperméable et coupe vent que je me mets en route. Petit arrêt au chalet de Fréterolles, tout est désert il fait noir. La ferme auberge est un endroit fantastique en été. Ils proposent des goûters absolument délicieux. C'est là que j'ai mangé la meilleure confiture aux myrtilles et leur fromage est tout simplement DELICIEUX. Mais ce n'est pas encore le moment d'y penser...

Je monte au col de Cou via les alpages, il est également possible d'y aller par la forêt (moins raide mais plus long)
   
Après une 50 aine de minutes j'y suis et le soleil commence à se lever. Petit déjeuner près de la cabane malgré le vent et le froid. Le soleil qui se lève sur les Dents du Midi vaut bien ça.


Le soleil se lève
La Cabane du Col de Cou

A 7H après un petit déjeuner with a view, je repars, direction Barme. C'est de la descente, je vais à un bon rythme pour rattraper un peu du retard pris à contempler le lever du soleil. Une fois dans le vallon qui mène à Barme avec les Dents Blanches à ma droite et les Dents du Midi en perspective, je me sens petite, et il fait froid dans cette cuvette. Je trottine pour accélérer un peu la circulation. Je supporte bien ma veste, mon polar Ternua et ma sous couche.


Arrêt aux chalet de Barme, il y fait complètement givré, il est pourtant 8H00. Il faut dire que le hameau est bien encastré dans un vallon entouré de montagnes majestueuses. Le soleil a du mal à passer. Je suis en Suisse à présent. 



La Cantine des Dents Blanches - tout est bien sur fermé. Je n'ai encore rencontré personne. Au loin j'entends les clarines d'un petit troupeau de vaches.

Je repars assez vite, après avoir bien bu. Mon sac à dos est lourd et l'attache qui garde mon piolet fixé vient de casser. Ca va être un peu de bricolage pour le garder bien droit et pour éviter qu'il me gêne lors des passages plus techniques ou engagés :-( .   Je n'aime pas quand mon matériel me lâche.

Montée vers Bonavau.:

C'est raide de nouveau, les sentiers sont givrés voire gelés ou même verglacés. J'ai rattrapé une chute in-extremis. Je me dis qu'en effet il me faut revenir à Barme vers 17H30 au plus tard parce que à cette heure là, le chemin sera très gras et à la frontale ce ne sera pas sympa du tout.  Tout d'un coup au détour d'un sentier j'entends un sifflement, je jette un regard vers le ciel, j'imagine un rapace même si le sifflement parait étrangement proche. En fait, c'est un chamois. Voici une petite vidéo mais évidemment je ne m'attendais pas à le trouver là et il faut être fort pour le voir. Il est à gauche en dessous de la barre rocheuse au dessous du groupe d'arbres roux le plus bas. C'est une tache un peu plus foncée qui bouge légèrement (malheureusement mon téléphone bouge beaucoup)






Bonavau

Arrivée au pas de Bonavau, la vue qui se déroule devant moi est à couper le souffle. Le Grand Ruan, le Petit Ruan avec le Pas D'ancel en contrebas. Impressionnant...


Je descends vers le refuge et, à ma grande surprise, il est ouvert. Je discute un peu avec un des gardiens. Il ne laisse pas planer grand doute: la Haute Cîme n'est pas faisable. Pas assez de neige pour des crampons à neige (je n'ai rien pour le terrain mixte) je pourrai aller jusqu'au col des Paresseux, mais même là il n'est pas très confiant. Les cailloux auront gelés durant la nuit et vers 13H l'heure où j'approcherai du sommet ils risquent de partir en coulée... Je décide de continuer quand même. On ne sait jamais... Direction le Pas d'Ancel.

Pas d'Ancel
 Je me trompe de chemin et me retrouve à Rossetan, un peu trop loin et un peu trop bas (les panneaux avaient été retirés). Demi-tour, et montée sur le pas d'Ancel, passage plus technique mais très bien équipé en chaînes. Nouvelle rencontre avec un chamois qui déboule effrayé droit dans la pente il passe à 5 M de moi. D'autres randonneurs descendent. C'est un moment magique de l'automne en montagne. Les randonneurs reviennent de La Haute Cîme, ils ont passé le nuit dans la salle hiver du refuge de Susanfe et atteint le Col des Paresseux sans poursuivre plus loin. Ils confirment les dires du gardien de Bonavau. Peu de chance que j'y arrive et du col de Susanfe à celui des Paresseux, ça risque d'être tendu. L'heure avance...je continue. Déjà 18 KM dans les jambes.


Vallon de Susanfe

Après le passage du Pas d'Ancel je me retrouve dans le Vallon de Susanfe. C'est de nouveau très impressionnant, la Tour Salière (autre objectif) et le Mont Ruan à ma droite portent une ombre assez effrayante. Mais ce qui est le plus frappant c'est le silence. Pas un bruit dans ce lieu écrasant. Je suppose la présence de bouquetins mais je ne les vois pas et je ne prends pas le temps de les chercher, les commentaires des randonneurs m'ont rendue un peu nerveuse, je trace. Pour la première fois depuis le matin, j'ai chaud. Je me rapproche de mon objectif et la cîme est vierge de tous nuages. Par contre je me rends compte qu'elle n'est pas assez enneigée pour mes crampons et trop pour mes chaussures. Le terrain est assez gras et je pense à mon retours. Le timing va être crucial.


 Arrivée au pied du col de Susanfe, une grosse masse noire me sépare de ce sommet que j'aurais voulu atteindre aujourd'hui. Le Col de Susanfe me révèle de nouveau un paysage grandiose mais je ne prends pas le temps de l'admirer. Il y a des bouquetins qui jouent dans la neige. Je ne prends pas le temps de les photographier. De toute façon avec mon GSM ça ne servirait à rien. Si je veux un timing décent pour le retour (qui comporte quand même deux belles montées...) je n'ai pas trop le choix. 

Je me lance dans la montée vers le col des Paresseux. Ce n'est pas facile des coulées de pierres ont en effet effacé le "chemin" (en fait une trace légère) à certains endroits c'est délicat. Des bâtons de randonnée m'auraient largement plus aidé que mon piolet. Je progresse lentement. Le col est en vue, 50 M à peine... Bientôt fini. Mais une grosse coulée me barre le chemin, je pique l'axe de mon piolet sur une plus grosse pierre je me mets en boule et et mets mon sac à dos au dessus de ma tête, c'est passé à 2 M de moi. Une pierre plus grosse a roulé sur ma main. J'ai des éraflures un peu partout et des cailloux dans mon sac et mes vêtements. Je m'assieds. J'ai eu peur, à tort à raison? J'aimerais bien ne pas être seule à cet endroit. Je décide de rebrousser chemin. La descente est plus rapide. Col de Susanfe, pas d'Ancel, Bonavau. Je dis au revoir à la Haute Cîme.

Vue sur le Mont Ruan depuis le Pas de Bonavau

De Bonavau à Barme le chemin est très boueux, gluant mais il faut y aller: l'heure tourne. Les chalets de Barme sont en vue. Je m'y arrête un instant pour boire et dernière montée, celle vers le col de Cou, avec un soleil couchant cette fois-ci.



La fin à la frontale est rapide, je connais le chemin. Au total la journée aura duré de 5H30 à 19H10, j'aurai fait environ 45 KM et presque 3000M de D+ ma montre GPS n'a pas aimé la chute de pierre et a décidé de faire grève pour le retour. Je suis déçue de ne pas avoir atteint mon objectif mais contente de ma journée très intense. Les paysages valaient l'effort et les moments magiques qui ont parsemés cette journée resteront avec moi longtemps. 

Merci à mon suiveur de la journée à qui j'ai envoyé des SMS pour la sécurité, qui m'a aussi aidé à la préparer et m'a conduit matin et soir

Merci à #itsgreatoutthere pour l'équipement vêtement, qui lui ne m'a pas lâché (contrairement à mon sac à dos :-) ) et particulièrement #ternua qui a contribué à la réussite de la journée...