Tuesday, 10 November 2020

Lockdown hike - Rando de confinement

 Confinement oblige, je passe les vacances scolaires en Belgique... et je découvre quelques coins assez jolis que je n'avais jamais visités. Aujourd'hui je suis allée me promener en Hesbaye. "Quelle idée!" me direz-vous, c'est plat avec des champs ennuyeux à perte de vue. Et bien je suis prête à argumenter le contraire, sauf que c'est plat et il y a beaucoup de champs.

Je pars vers 10H00 de Orp-le-Grand, déjà le nom est un poème... il fait frais mais le soleil promet d'être généreux. Je laisse ma voiture sur le parking près de l'église. Une grosse bâtisse romane assez jolie, fermée malheureusement.  

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Assez lourde comme beaucoup d'Eglises Romanes, elle est néanmoins jolie et entourée d'un espace dégagé qui la met en valeur


Eglise Saint Martin et Adèle  (12e Siècle) elle est construite dans une pierre locale. La batisse a du être reconstruite au siècle passé après qu'un incendie l'aie ravagée

Le soleil commence à monter et à réchauffer un peu l'atmosphère. J'emprunte le GR pour me rendre au village d'à-côté. Le sentier, bien entretenu, serpente à côté de la Gette... Pendant un kilomètre et demi, je passe d'un village à un autre, coupée de la circulation, marchant tranquillement sous un toit vert au son de la rivière. La balade  commence bien. 




Un peu plus loin je quitte le village de Maret et sa chapelle ( St Pancrace) et je plonge entre les champs... beaucoup de champs, des éoliennes et le beau soleil. L'autoroute et le chemin de fer ne sont pas vraiment loin mais on ne les voit pas vraiment, on ne les entend pas non plus. La vapeur monte des champs qui se réchauffent et les tracteurs sont en pleine action, et dans ce paysage (je vous l'accorde très plat) qui s'étend au loin, je me sens toute petite.







Au cours de la promenade, j'ai surtout vu des champs de pommes de terre et de betteraves, mais l'agriculture locale est plus vaste avec les arbres fruitiers, les carottes et le maïs... les restes des récoltes étaient visibles dans les chemins.


Fourragère ou sucrière? (réponse en fin d'article)


Montagne de betteraves


Montagne de paille où est Rumpelstiltskin? :D


Après quelques kilomètres entourée de champs et rien que des champs, je remonte vers un village  (Noduwez) via un chemin un peu encaissé.  Après un manège je découvre une imposante ferme en carré, même si elles sont fréquentes dans la région, celle ci est, parait-il la plus ancienne. 



Retour vers un lieu un peu habité... quelques chevaux pour me souhaiter la bienvenue

La ferme Germeau construite en 1685


Je quitte le village en remarquant que les maisons ont des plaques étranges sur leurs façade, le mystère restera entier... d'autres villages ont la même chose. 


J'aurais tendance à dire "A moi le Cougnou" mais c'est peut être l'orthographe locale  :D 



Voici maintenant une partie un peu boisée qui mène à Piétremau. Je n'arrive pourtant pas jusque là, je tourne un peu avant le hameau pour rejoindre Herbais et sa très jolie chapelle Sainte Catherine.

on ne le voit pas bien mais il y a un héron au milieu... toute la promenade est un passage d'une rivière à une autre. Le coin regorge de petits ruisseaux.
un peu moins de champs et quelques pâtures... ça change 

La Chapelle Sainte Catherine, gothique de style et assez ancienne (13e Siècle).


On a un peu changé de rythme de paysage: plutôt que les champs à perte de vue de la première partie, les champs sont plus petits et alternent avec les pâtures. Les agriculteurs utilisent les arbres et les haies pour combattre l'érosion ce qui cloisonne un peu plus la vue. Je préfère, mais c'est une question de goût.


La fameuse Chapelle Sainte Catherine


Après Herbais, je me dirige vers Marilles et Nodrenge pour rejoindre un autre GR, et comme les champs de pommes de terre viennent d'être récoltés, j'en profite pour glaner quelques spécimens qui viendront stoemper les carottes ce soir.  Marilles et Nodrenge sont deux charmants villages, avec des arbres magnifiques, notamment un Gincko Biloba totalement doré, le tout sous un magnifique soleil... Quelques gouttes essaient bien de rajouter leur grain de sel, mais leur seul effet est de m'offrir un superbe arc-en-ciel...





Ginkgo Biloba... En plus d'être potentiellement intéressant au Scrabble c'est très joli


La balade tire à sa fin... bon pas tout à fait, de Nodrenge,  je descends vers Orp- Jauche mais pour rejoindre Orp le Grand, j'opte pour le Ravel et ça n'a rien de fascinant. Une très jolie promenade (18KM)... peu vallonnée mais très surprenante. Il ne faut jamais rester sur un a-priori négatif...


Descente vers Orp Jauche


La Gette, again...


Réponse au quizz: c'est une betterave sucrière... nous sommes d'ailleurs proches d'une des plus grosses fabriques de sucre belges: Tirlemont

Dernier petit "plus" les Hesbignons ont beaucoup d'humour... Entre le Bouvier Bernois placide et fatigué et le Jack Russel volubile je ne sais pas qui était visé par ce panneau









Tuesday, 30 June 2020

La tête dans les étoiles à La Bresse

La Bresse est sans conteste un peu ma patrie coup de coeur. A juste 4h30 de route (quand tout va bien) c'est un bol d'air dans le quotidien. Il était donc naturel que dès que les frontières s'ouvraient, j'aille respirer un peu l'odeur du sapin et surtout voir mes amis français.

Le week end était bien chargé puisqu'en plus des habitudes (piscine, course à pied...) il y avait atelier d'écriture avec Laurence samedi soir au Hohneck et observation des étoiles pour le solstice d'été avec Valéry

Pour une fois la route s'est vraiment faite sans encombre, l'arrivée à La Bresse avait des airs de vacances hors calendrier scolaire. On était bien en début de déconfinement européen. Les mesures sanitaires étant aussi différentes d'un pays à l'autre, nous étions prudentes. Nous nous sommes installées dans un petit chalet avec vaisselle sous plastique et consignes drastiques...

La prochaine fois la tente sera mieux. Après une belle nuit réparatrice bercée par la rivière qui passait derrière le chalet, départ pour le lac des corbeaux pour une petite session trail de déconfinement
Le chemin est plaisant, monte bien entre les sapins mais sans jamais devenir trop technique


L'arrivée au lac de corbeaux est toujours aussi fantastique. Bien sur je monte pour le panorama à la roche du Lac puis retour au camping.
L'après midi sera passée à la confiserie Bressaude pour une recharge en pain d'épices et en bonbons aux fruits du pays et une petite balade avec Philippe à la Basse des Feignes, pour recharger les batteries et faire le plein de belles choses
Le soir nous nous dirigeons vers le Hohneck et le refuge du Sotré pour un excellent repas vosgien et ensuite l'atelier d'écriture où dans une ambiance très studieuse et conviviale on s'attellera à la rédaction de textes stellaires (super textes mais l'ambiance était beaucoup plus conviviale que studieuse, quelle joie de se rencontrer après des ateliers Skype). Pendant l'atelier le soleil nous a gratifié d'un coucher sublime...



L'atelier fini, Valery nous explique ce que nous allons voir: les constellations, le ciel les observations au cours de l'année, avec une grande pédagogie. Le ciel daignera-t-il se débarrasser de ses nuages? finalement petit à petit nous pouvons voir Spica, la Lyre... de magnifiques échanges et partages... Un week end qui sentait bon la normalité. Merci à tous

Monday, 29 June 2020

Zatopek Challenge - Running for soup

Le magazine Zatopek a décidé de lancer un challenge pour aider les plus démunis, lourdement impactés par ce Covid, les sans-abris. Le but du challenge est de fournir à Robin Food, une association, de l'argent pour acheter des légumes à des producteurs locaux ne sachant plus les écouler et en faire de la soupe pour les sans-abris. 7€50 permet de faire 3 soupes. Elie et moi nous nous sommes embarquées dans ce challenge avec l 'idée de faire les 19 km, en une semaine par tronçon de 5km (4 pour le dernier bien sur). Le chrono n'ayant évidemment aucune espèce d'importance, le but étant de s'amuser, se bouger et surtout donner aux plus démunis un peu de confort pendant cette période passablement détestable. Le fait de lier deux des valeurs qui me tiennent au coeur n'est évidemment pas étranger à ma décision, en effet soutenir les producteurs locaux maintenant mais aussi après la crise me semble un des meilleurs moyens de vivre mieux collectivement...

https://prod.chronorace.be/virtualchallenge/challengeregistration.aspx?lng=FR&chal=1




Wednesday, 8 April 2020

Covid - 19 - L'enfer de Woluwe - Sortie vélo sans sortir de sa commune

Le Nouvel Enfer du Nord : Les Pavés de Woluwe.

La classique du calendrier cycliste s'est vue rayée des programmes : la course pro comme la cyclo touriste . Qu'à cela ne tienne, nous avons décidé de les ressuciter : le défi est de faire toutes les routes en pavés de Woluwe. Nous espérons ne pas en avoir oubliée une. Grande absente de cette nouvelle classique : la pluie. Nous étions sous une chaleur assez lourde pour un début de printemps mais nous n'allons pas nous plaindre. Le public était au rendez vous… à moins que ça ne soit des promeneurs et autres badauds…

Les acteurs :

Remco Elie :



Sponsor : Maman
Ravito : H2O et chocolat





Eddy Maman


Sponsor : aucun
Ravito : H2O et aimerait bien le chocolat (NB : Eddy Maman endosse aussi la casquette de sherpa ravito)

Parcours :

Apès une « pasta party » de canneloni maisons, quelques fraises et bien sur des œufs en chocolats (et accessoirement un petit moment de digestion), nous nous sommes lancées dans ce défi.

Mise en jambes sur le bitume typé table de billard de Woluwe et nous rejoignons la piste cyclable qui longe le Wolubilis. Nous échangeons nos derniers mots sympathiques… bientôt nous allons laisser tomber la camaraderie pour la concurrence la plus acharnée… ou pas (Eddy Maman reste sherpa ravito…) :-)

Nous rejoignons bientôt le premier stretch pavé… une descente dantesque aux pavés inégaux. Remco maîtrise ça à la perfection et en profite pour dépasser Eddy Maman de manière implacable. Eddy Maman parvient seulement à récupérer son retard vers la fin de cette première section pavée.

Après un petit virage en épingle autour d un arbre nous voilà repartie pour la section de montée vers le Mini Golf, section autrement inégale et avec une belle déclivité, qui, une fois de plus, verra la ténacité de Remco Elie récompensée.
La descente le long du Mini Golf de Woluwe et du Stade Fallon

 Mais les choses ne font que débuter et Eddy Maman parvient in extremis à rattraper Remco Elie au sommet de la côte et dépasse le jeune lion dans le virage pour enchaîner sur la descente avec une parfaite maîtrise technique. Malgré les ornières, c'est Eddy Maman qui sort victorieuse de ce passage et qui s'engage dans la partie boueuse du parcours. C'est l'absolue force d'Eddy Maman, qui sortira avec une belle avance de ce passage. Avance qui fondra comme glace au soleil (qui lui n'est pas confiné) dans la longue ligne droite pavée qui mène au Château Malou. Les 2 compétitrices sont maintenant roue dans la roue, pour emprunter la piste cyclable qui va les amener sur la dernière grosse difficulté de ce parcours. Le Mur de Woluwe, bien moins connu que ses homologues de Thuin et de Gramont, il n 'en démérite pas moins.
La fin du Mur de Woluwe

Au dessus du mur se situe le ravito. Le ravito est bien négocié par les 2 concurrentes qui se lancent dans un tour de la place et entament le retours vers le boulevard de la Woluwe.
 Place devant l'église… peu d'encouragements, peu de spectateurs…. Cet exploit passera sans doute inaperçu

Un ravito habilement négocié. Eddy Maman est à présent 500 gr plus légère


Une fois le long du Boulevard de la Woluwe, l'épreuve prend des airs de fin, il ne reste plus qu'une longueur et deux passages pavés. Un des deux passages n'est que du petit lait par rapport aux autres passages de la course.

Le long de la Woluwe on remarquera le choix des organisateurs de passer par la piste cyclables plutôt que le chemin de terre le long du ruisseau. La raison invoquée étant bien sur la probable présence d 'une foule trop importante sur ce passage. La remontée le long de l'avenue Chapelle au Champs se déroule bien pour les deux coureurs coude à coude, ou plutôt roue dans la roue. 
Pavé facile où la tactique machiavélique du jeune lion bruxellois aura raison de la ténacité de sa concurrente. 

Mais le jeune loup aura raison de la ténacité de la vétérane. Après le passage pavé simple où Remco Elie, qui aura profité de l'aspiration phénoménale de sa principale et unique rivale, se place côte a côte dans le bucolique rond point et  et se lance fièrement en avant dans la dernière section, ne laissant aucune chance à Eddy Maman. 
C'est l'envolée vers la victoire

La victoire pour cette première aura donc été attribuée à Remco-Elie. C'est elle qui aura l'insigne honneur de soulever le majestueux pavé de l'Enfer de Woluwe.
Une victoire méritée

Thursday, 27 December 2018

Premier Essai en raquettes pour Elizabeth

Promenade à Raquettes

Grisaille bruxelloise oblige, décollage immédiat et nous voilà dans les Vosges, à La Bresse plus précisément. L'arrivée est des plus encourageante, un beau soleil éclaire les forêts et une légère salée vient parsemer les prés, à 800m d'altitude c'est encourageant.




Le temps de s'installer et en avant pour une petite randonnée, une boucle de 6 KM sur les hauteurs de La Bresse pour se mettre en jambes. La neige est annoncée pour le lendemain. Et en effet elle est là et bien là. Je chausse les skis de fond pour une séries de boucles sur le Hohneck avec un brouillard parfois assez intense. J'ai dans l'idée de revenir en après midi avec Elizabeth pour un baptême de rando en raquette.


14H00 nous sommes à la Schlucht. Nous louons des raquettes et en avant vers les Trois fours. C'est un chemin qui passe par les sous-bois et la neige a gelé sur les branches. Parfois elle se détache sur notre passage en précipitant des petites quantités sur nous. Les branches ploient sous le poids de cette neige alourdie par la glace et forment une galerie, l'ambiance est étrange, très blanche et en même temps un peu sombre. On ne voit pas le ciel. L'arrivée aux Trois Fours est donc une surprise, entre brume de fin d'après midi et ciel absolument bleu de la mi-journée les couleurs changent selon l'endroit où se pose le regard.




Elizabeth a bien assimilé l'utilisation des raquettes à neige et est à présent très à l'aise pour se déplacer. Elle en profite pour observer la végétation gelée de près et tracer parfois son propre chemin. Il faut lui expliquer que les pistes de ski de fond peuvent être traversées où c'est indiqué et pas n'importe où.




Le soleil d'hiver a beau être généreux, il ne le reste pas longtemps et nous devons redescendre pour 16H30. C'est avec beaucoup de regrets que nous disons au revoir au superbe paysage qui commence lentement a disparaître dans les nuages d'humidité qui remontent d'Alsace, tandis qu'au loin les montagnes de Suisse et de Forêt Noire disparaissent sous un voile rosé.


Comme toute bonne chose, notre première balade à raquettes a une fin, le bol d'air a été apprécié à sa juste valeur et même si les jours qui ont suivi ont été magnifiques eux aussi, cette première avait le goût savoureux des choses exceptionnelles.

Saturday, 13 October 2018

La Dent D'Oche

La Dent D'Oche (30 juillet 2018)

De nouveau une dent ! A croire que j'ai quelque chose à régler... De nouveau une rando sur un bloc bien minéral qui se termine par une cheminé, mais le bloc est de taille beaucoup plus modeste et il est équipé de chaînes dans ses passages les plus difficiles.

Le départ se fait sur le parking d'un restaurant (bien gentil de leur part de prêter leur parking) : la Fetuiere. On est dans la forêt, comme la journée promet d'être chaude, je me dis que c'est pas mal pour le retour en voiture. On a le choix, sentier de droite ou celui de gauche... il parait que celui de gauche est plus safe quand il fait humide... il fait sec, je prends celui de droite. Il monte dans la forêt, c'est un plaisir de sentir la bonne odeur des sapins.



Rapidement on rejoint un chemin type 4X4. C'est donc un début facile même si ça monte bien. Je dépasse pas mal de gens, comme j'ai pris le temps le matin et que je me suis égarée dans une déviation je n'ai pas commencé spécialement tôt. Il est passé 11H30 quand je débute. Je me rends compte que ça ne va pas être une rando tranquille loin de tout. Il y a des gens en baskets, en converse, en sandales même et à l'autre extrême des gens sur équipés. Un couple avait des chaussures de glacier La Sportiva... Je suis certaine qu'il y a moyen d'atteindre un juste milieu.

Le chemin quitte rapidement la forêt pour atteindre les pâturages d'altitude, là je me retourne et je profite d'une vue exceptionnelle sur le Léman. Je ne m'étais pas rendu compte qu'on était aux premières loges. En y réfléchissant je trouve une certaine logique. C'est assez logique en effet que, de part et d'autre du Rhone, l'eau aie formé des structures similaires dans le rocher.



 Le chemin est bordé dune multitude de fleurs, j'aime tout particulièrement les chardons qui abritent souvent des insectes butineurs, malheureusement le gros bourdon que je voulait prendre en photo n'avait pas le temps pour poser…

Le premier arrêt se fait à la bergerie. Il y a une fontaine, l'eau glacée me fait du bien. Le berger produit du fromage, j'aimerais bien le goûter mais ce n'est pas le moment, quant à en ramener n'y pensons même pas avec la chaleur qu'il fait. C'est bien dommage. A la bergerie je me rends compte une fois de plus de l'incroyable différence entre le style de randonnée que j'ai faite vendredi et celle-ci. Je ne préfère pas trop y penser et en passant devant les drapeaux de prière, j'essaie de concentrer mon esprit sur mon chemin vers cette montagne, qui est forcément différent de celui des autres, puisqu'il est le mien.




Je continue et le chemin emprunte les traditionnels lacets dans les pâturages, je monte d'un bon pas et je dépasse encore une fois beaucoup de gens qui peinent. Leur souffrance sur un chemin pareil à celui là, semble énorme, sans doute leur plaisir en est décuplé au sommet. Pour ma part je trouve la pente raide bien sur mais rien de bien exceptionnel et le chemin est techniquement très simple. Je m'arrête pour laisser passer deux hommes qui descendent et j'en profite pour savourer le paysage. D'un côté le Mont Blanc, de l'autre le Léman.



En face de moi je remarque de gros rapaces qui tournoient dans le ciel. Vu le nombre et la taille ça doit être des vautours, ils ont sans doute repéré une carcasse de bouquetin (nombreux mais que je ne verrai probablement pas vu la quantité de chiens en liberté) ou d'un autre animal de taille conséquente (une marmotte n'attirerait pas autant d'oiseaux. Ils sont malheureusement trop loin pour que j'en sois certaine, Comme je comte faire le tour par l'autre versant de la Dent je verrai sans doute mieux à la descente.



Je repends mon chemin dès que la séance photo est terminée et j'en ai profité pour boire un peu. Au plus je monte au moins il y a de l'herbe ce qui est évidemment tout à fait normal. J'arrive finalement au col de Rebollion. Le sommet se rapproche, d'autant plus que les estimations sur les panneaux sont largement exagérées.

Les cailloux deviennent de plus en plus présents. Je suis maintenant au pied de la partie rocher, et le sentier s'estompe dans les amas de pierres.

Le chemin est clairement indiqué par des flèches jaunes. Il est effectivement équipé de chaînes, de beaucoup de chaînes qui me paraissent tout à fait superflues mais qui doivent rassurer les gens moins à l'aise en montagne. Dans un premier temps j'essaie de les utiliser mais je les trouve plus ennuyeuses qu'utiles puisqu'elles me forcent à prendre un chemin qui n'est pas forcément celui qui me convient. J'arrive au pied de la cheminée, et là je suis forcée d'attendre une personne âgée qui peine à progresser. J'en profite pour photographier l'équipement qui est vraiment là pour rassurer les plus incertains.


Je suis partagée sur le bien fondé de cet équipement. Est il nécessaire pour la sécurité des gens et pour permettre à un maximum de gens de profiter de ce paysage et de cette expérience, mais d'un autre côté je suis un peu choquée de voir à quel point certains semblent confondre cette randonnée avec une promenade dans un parc. Le chemin est, grâce aux chaînes totalement dépourvu de technicité, il est d'une intensité moyenne et du coup accessible à des gens très peu entraînés. Des gens qui n'ont pas l'habitude de la montagne et donc se retrouvent aux prises avec un rocher qui autrement ne leur serait pas accessible. Et plutôt que d'aborder ce rocher avec l'humilité qui lui est due, il arrivent en conquérants, converses aux pieds pestant sur le manque de réseau et les difficultés éprouvées. J'essaie de transposer cela à un autre sport pour voir si ma réflexion n'est pas juste une preuve de snobisme et d'élitisme, somme toute ridicule, et je me dis que si un citadin se présentait avec des bottes en caoutchouc pour skier il serait rapidement remis à sa place. De même si une personne se présentait en jeans et Converses à un cours de tennis on lui dirait de se changer d'abord, et tout le monde trouverait ça normal... alors pourquoi ce n'est pas le cas en montagne. Ca fait echo à un article que je lisais le matin même sur les mesures prises sur le Mont Blanc pour limiter les accidents et l'impuissance des gendarmes qui confient souvent que les gens bien équipés c'est bien mais ceux qui savent utiliser leur bon équipement c'est encore mieux... Évidemment ici l'équipement adapté ne requiert pas un savoir faire particulier, mais quelque part à force de trop équiper (il y avait des échelons!) on dénature un chemin. Évidemment rien ne m'empêche de ne pas utiliser l'équipement mis en place et de le faire naturellement (ce que j'ai fait pour une bonne partie) mais le passage d'un nombre important de gens a patiné le calcaire... c'est un peu finalement comme un serpent qui se mord la queue, on croit limiter les accident en équipant, mais en fait certaines personnes négligent le minimum comme l'équipement minimal (eau par exemple, une personne disait au sommet qu'elle n'avait plus d'eau et qu'il était hors de question d'en acheter au refuge . Qu'il fallait en donner gratuitement comme dans les restaurants)... C'est un débat sans fin et la limite entre l'espace de liberté et la réglementation est fine, tout comme la frontière entre l'équipement des chemins de randonnée et leur suréquipement.

Si je reviens à la rando à proprement dite, la cheminée passé on déboule sur le nid d'aigle qu'est le refuge. A l'image du reste il est difficile de se frayer un passage vu la quantité de gens sur place et je continue directement vers l'arrête sommitale, tout le chemin jusqu'au sommet est équipé de chaînes. L'arrête est vertigineuse mais il est largement plus simple de marcher droit plutôt que de s’embarrasser de la chaîne.

J'arrive à la croix qui n'est pas sommitale et je ne m'y attarde pas tant le groupe qui s'y trouve râle, je n'ai d'ailleurs aucune photo de la croix. Je continue pour le vrai sommet où la vue est époustouflante.






Après un pique nique et une discussion assez sympathique avec un jeune couple de Strasbourg, je quitte le sommet par l'autre versant. De nouveau la redescente est chaînée (à tort à mon avis) elle est à peine malaisée. Par contre, plus bas, une dalle bien lisse au dessus du vide me fait penser que là c'est quand même pas mal. Je pense que je l'aurais passée sans problème sans mais la perspective d'une chute de quelques centaines de mètres dans un pierrier en dessous ne me plaît guère.



Le reste de la rando est classiques d'abord des lacets serrés qui font perdre rapidement de l'altitude ensuite un chemin dans l'alpage. Je profite de mon passage pour passer par le lac de la Case, delà je pourrai prendre en photo ce que je suspecte être des vautour. Le lac en lui même est largement plu beau à voir depuis les hauteurs, à hauteur d'homme il ressemble plus à un terrain de foot qu'à un lac au vu de la végétation qui l'envahit.




De là les oiseaux qui tournaient sont bien plus visibles et il s' agit bel et bien de vautours tout à fait reconnaissable au blanc sous les ailes.

A près le lac, je redescends et je m'arrête pour échanger un moment avec le Berger de la cabane. 
Le retour se fait évidemment à l'aise, pour une très chouette randonnée à la Dent d'Oche.